The Day The Music Die – 3 FéVRieR 1959 – Il y a 60 ans !!!

The Day The Music Die
The Day The Music Die – 3 FéVRieR 1959 – Il y a 60 ans !!!
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The Day The Music Die

“Winter Dance Party 1959” restera à jamais comme la plus sinistre tournée que le rock ait vécu. Elle partait le 23 janvier de Milwaukee, la ville de Fonzie, pour se terminer le 15 février à Springfield, ville bien connue depuis les Simpsons. Sinistre ? Le mot est faible. Car lors d’une étape à Clear Lake, trois étoiles montantes trouvent la mort dans le premier accident d’avion rock’n’rollien. Et aussi incroyable que cela puisse paraître les promoteurs, au lieu d’arrêter les dégâts, font comme si de rien n’était et maintiennent les étapes prévues. The show must go on !

Winter Dance Party 1959
Big Bopper – Ritchie Valens – Buddy Holly © : Unknown

D’ailleurs, comme tournée, ça ressemble à un package. Sur la même affiche on pouvait lire les noms de : The Big Bopper, alias J.P. Richardson, ancien D.J. qui devait recevoir un disque d’or à Springfield pour “Chantilly Lace” qui caracolait dans les charts; Dion & The Belmonts, dont la gloire toute fraîche reposait sur “I Wonder Why”; Ritchie Valens, né Valenzuela, en 43 à L.A. : un premier disque “Come On Let’s Go” à son actif, bing dans le Top 50 (42me position).
La tête d’affiche était Buddy Holly, au talent inné de compositeur, car ce n’est pas un hasard si ses créations deviennent toutes (ou presque) des classiques. En tout état de cause, l’un des rares texans à avoir compris très vite que s’installer à New York était alors s’asseoir à la droite de Dieu.
Et, miracle de la promotion, contre la volonté de Buddy, l’affiche mentionnait son groupe, les Crickets, dont il venait de se séparer. Alors il emmène Tommy Allsup (guitare), Waylong Jenning (bass), Charlie Bunch (batterie) et naturellement, il tient chant et guitare.

Le lundi 2 février, la tournée s’arrête au Surf Ballroom de Clear Lake, ville de l’Iowa. Le show se déroule bien. Mais nous sommes en février, qui plus est dans un état dont les conditions atmosphériques sont très rigoureuses. Musiciens et stars sont transis de froid. Ils dorment bien souvent dans les cars dont, Dion dixit, le chauffage n’avait jamais fonctionné et dont les trop nombreuses pannes plombent littéralement la tournée. The Big Bopper se choppe même une grippe et dort dans son sac de couchage doublé par celui de Buddy. C’est à un point que Buddy Holly, au pied levé, tient la batterie sur le set de Ritchie Valens car son batteur, les doigts gelés, ne peut même plus saisir les baguettes. Mais comme ces gens-là ont de l’humour, tout au long du parcours ils composent un titre “Hug My Radiator”, le chantent dans le car et ajoutent des couplets jour après jour dès qu’ils le peuvent.   
Toujours est-il que Buddy, Allsup et Jennings décident d’affréter un avion et de s’envoler vers l’étape suivante (Moorhead, Minnesota) afin d’y faire laver et repasser leur linge et, surtout, de s’y reposer. Prix du billet : trente six dollars. Mais les choses se compliquent quelque peu une fois le plan tombé dans les oreilles du Big Bopper et de Valens. Ce dernier propose à Allsup de jouer le siège à pile ou face. Le sort en est jeté. La pièce aussi. Elle tombe pile sur face, côté choisi par le créateur de “La Bamba” qui vient de remporter un aller simple vers le paradis. Chaque avers à son revers. Quant à Jennings, il cède son siège au Big Bopper. “Pourvu que ton avion se crashe”, lance Jennings. Ce n’était que des mots en l’air, une simple plaisanterie, mais quand les mots deviennent réalité l’horreur n’est souvent pas très loin. Et horreur il va y avoir.

The Day The Music Die
Ritchie Valens – Dion Di Mucci – Big Bopper © : Unknown

L’avion est un Beechcraft 35 Bonanza. Un peu léger pour l’occasion. A son bord trois stars et Roger Peterson, un jeune pilote (21 ans) inexpérimenté qui  avait échoué à un examen concernant les instruments de bord. Et, toujours, ces conditions hivernales glaciales, avec des bourrasques de vent d’une rare violence, totalement sous-estimées par le communiqué météo transmis à Peterson.
Malgré tout, l’appareil décolle de l’aéroport de Manson City à 1:50 le mardi 3 février. Pris dans une tempête de neige, il s’écrase à une vitesse de 270 km/h. Peterson venait de confondre les niveaux des montées et de descentes de l’altimètre. La carlingue est fendue de part en part. Le pilote meurt sur le coup. Son corps reste dans le cockpit. Tous les autres passagers sont morts également mais, sous la violence du choc, les dépouilles de Holly et Valens sont éjectées le long de la carlingue. Les débris s’étalent sur plus de deux cents mètres.
Comble de l’effarement : le cadavre de J.P. Richarson est retrouvé à l’autre bout du champ voisin.
Waylon Jennings regrettera pendant des années d’avoir eu des mots qui, pense-t-il, ont causé la catastrophe. Tien d’étonnant à ce que son fils reçoive Holly comme prénom. Quant à Dion, il s’en est fallu de 36 dollars qu’il n’avait pas pour qu’il reste en vie.
Alors, les survivants reprennent des bus pouraves et après bien des palabres, acceptent de jouer le lendemain. Les organisateurs ne leur ont pas laissé le choix et recrutent Frankie Avalon, Fabian et Jimmy Clanton pour remplacer les défunts. Le concert prévu en matinée – car il y en eut un en soirée – révéla un nouveau groupe les Shadows, dont le chanteur n’était autre que Bobby Vee. 

Winter Dance Party 1959
Buddy Holly – La dernière photo – Waylon Jennings est à gauche à la Precision Bass – Tommy Allsup guitar © : Unknown

Il n’en demeure pas moins que ce 3 février 1959, le rock’n’roll venait de perdre sa première grande figure dont les innovations détonèrent grandement dans l’évolution de la musique. Un tout petit exemple, rien qu’un. Anodin. Insignifiant. A première vue totalement négligeable. Mais à la réflexion très révélateur de l’influence de Buddy Holly. Son groupe s’appelait les Crickets parce qu’un lointain cousin de Jiminy couinait comme un dératé dans une console des studios de Norman Petty, premier producteur-manager de Holly. Fan de Buddy et de son groupe et en hommage, un groupe de jeunes musiciens liverpuldiens décide de prendre un nom d’insecte comme totem. Silver ou non, il s’appellera les Beetles, les scarabées. Et comme ses membres ont déjà des idées plein la tête, beetles devient Beatles, plus dans le vent de la folie qui commençait à gagner le Vieux Continent. On connait la suite… (**)

Buddy Holly était mort à 22 ans tandis que sa femme attendait leur premier bébé. Il avait fait plus de deux cents shows en dix-huit mois, cartonné dans les Top 10, 20 et 100 avec des titres totalement fondateurs. Et sa carrière s’annonçait très prometteuse. Témoin : la trace indélébile que sa virée en Grande Bretagne a laissée.
On raconte que le lendemain de son décès, un jeune homme de 13 ans, se lève pour livrer des journaux avant d’aller en classe. Son nom : Don Mc Lean (*).

Ouèche !

Professor BeeB HôPô

(*) conclusion outrageusement volée au site Indépendant
(**) Bon, c’est vrai que le gang de Brando dans The Wild One s’appelait “The Beetles”. Et alors ? (Je suis de très mauvaise foi !)

Professor
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8 Commentaires

  1. Histoire très troublante ( et fort bien racontée), comme toutes celles qui peuvent commencer par « si ». Et si la pièce était tombée du côté pile? Et si le radiateur du car avait correctement fonctionné ? Et si Buddy n’était pas mort à 22 ans et Ritchie à…18?
    Car dans l’échelle de l’horreur, on parle beaucoup (trop à mon goût ) du “club des 27”, en oubliant ceux qui n’ont pas même atteint cet âge: Buddy, Ritchie, Ottis…
    Merci pour cet article et ces photos émouvantes. Reste maintenant à découvrir qui les a prises!

    • Bien sûr qu’en rédigeant l’article, j’ai pensé à l’improbable club des 27. Le problème c’est les membres pour la plupart morts remplis de substances pas légales, mais souvent létales. Ce qui n’est pas le cas de Buddy, Ritchie et Big Bopper, mais qui savaient tout de même bien s’amuser. Cf : les parties fines entre Little Richard, sa nana et Buddy.
      Toutefois, il est évident que Buddy et Ritchie auraient fait une immense carrière, mais Buddy loin devant. Son sens de la mélodie et de l’écriture, conjugué au fait qu’il venait de s’installer à New York, donc dans la ville des studios de sa maison de disques et capitale du show biz US, y auraient largement contribué. De plus, il avait viré Norman Petty et les Crickets première formule.
      Quant à Dion, ça n’a pas toujours été régulier, malgré des moments superbes, avec ou sans les Belmonts. Les abus divers en sont la cause.
      Pour ce qui est du Big Bopper, les pronostics sont ouverts.
      Enfin, les photos. En les pistant, j’ai essayé de savoir qui étaient les ayants droits potentiels, mais je n’ai rien trouvé.
      Ouèche !
      Prof.

  2. Thanks Professor! Iz very bien ecrit ,je me colle sur la platine Maybe baby … de Charles et Norman bien sur !

  3. Bel hommage à Buddy Holly, avec toujours des recherches historiques étonnantes de ta part. C’est sur ses photos que j’ai vu une Strat pour la première fois.
    Ah! oubliai-je ? ce blog est admirable. Je me suis ré-écouté les playlists : celle de septembre 2017 est géniale. Surtout Ian Mc Nabb. Pourquoi ? j’en sais rien.
    A quand la prochaine ?

    • Merci pour ce commentaire à propos de l’un des pionniers grâce auquel j’ai réussi à remonter le temps, c’est à dire de passer des années 70 aux années 50. Quelle baffe je me suis pris!
      Pour la play-list, c’est prévu pour bientôt, en général j’essaie d’en sortir une par trimestre. Car, ça n’a l’air de rien mais tout ça demande beaucoup de travail et donc de temps.
      Surtout qu’une play list, c’est un ancien programmateur de radio de fortune qui te le dit, doit être cohérente tout en laissant respirer l’auditeur.
      Bref, un art !
      Il me semble que Ian McNabb c’était en avril 2018 https://www.bebopo.biz/play-list-janv-fevrier-mars-2018/
      Keep On Boppin on
      Ouèche
      Prof.

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