ZZToP iZ BaCK – LiVe FRoM TeXaS

LiVe FRoM TeXaSFatal ! Ça devait arriver un jour. “Bop-Pills” cède aux modes. Aux joies et lois du marché. C’est que les barbus (au 2/3, Franck Beard – Franck La Barbe en françois, ça ne s’invente pas -, il fait total imberbe, comparé aux deux sacs de couchage) déboulent en Europe pour un petit bout de temps avec un quadrillage en règle et en rase-mottes des quatre coins de l’hexagone.  En clair : Dzi-DziTop (deux Père Noël et un Père Fouettard) est de retour en ville. Ils viennent pas les mains vides, pensez-donc  pas fous les poilus ! Vont sillonner les nationales de nos campagnes pour nous refourguer un DVD, achetez-le, ils seront contents et vous aussi, hein, tant qu’à faire. “Live In Texas”. Enregistré au Nokia Live de Grand Prairie. Un sommet dans le déjà poilant et désopilant zizitopisme absolu…. Grave claquant. Tout y est : le clinquant américain dans ce qu’il a de plus ringard (les couleurs qu’ils choisissent, nan mais matez-moi ces couleurs) donc de plus jouissif… les complets-vestons coordonnés aux ‘tiags en peau de crotales, le décor symétrique total donc forcément jubilatoire … et la musique couillue avec des solos phallos-bandants. Comme des cactus en érection devant un boxon. C’est orgasmique, pas jouissif, bien que jouissif contient une dimension épicurienne pas qu’un peu présente chez nos Texans favoris.
Orgasmique donc, n’ayons pas peur des mots. Car, vous gourez pas jeunes gens: le boogie, c’est purement sexuel. Et, le message de ZZTop, cherchez pas : il est là, juste là, sous votre ceinture.

Cela étant, c’est vrai qu’ils ont ramassé un procès. Pour plagiat !!!! C’est que le père Hooker n’a jamais supporté qu’on lui pique le riff de “Boogie Chillun”. Ca l’a pas empêché de crier, à fortiori et un partout, que c’était lui le père du boogie (en 12, des fois 13 et même 14 mesures, derrière, les cachetonneurs, fallait qu’y suivent) et que c’est grâce à lui que tous les petits blancs avaient redécouvert le beulouze. Faudrait tout de même avoir les oreilles de ma mère (reste calme maman, reste calme !) pour ne pas voir que le vieux avait bon sur toute la ligne : tous lui ont repiqué sans vergogne, et à donf’ les manettes, son célèbre riff. Pas de dénonciation, ils sont connus tous ces blancs-becs. On passe.

Comme il lui fallait des boucs…. émissaires à JLH, ses foudres se sont portées sur ses plus prosélytes serviteurs: les barbichus. Objet de la hire du Hook : “La Grange”. Titre qui est le nom d’un lupanar texan. Un claque,, mais un vrai de vrai, à un chouia de poil près, comme au cinéma. Avec des femmes outrageusement maquillées, les pantis pantelant, le sous-tif aéré, les jarretières montées sur bas-résille maintenus sous guêpières. Enfin pas trop quand même, puisque de prétendues étudiantes y donnaient des leçons très particulières de science nat’. Avec la mère maquerelle à gros roploplos alsaciens et nourriciers (je me vais me faire des amis, tiens..), la célèbre Miss Edna, pourvoyeuse de plaisirs en tout genre au tiroir-caisse. La miss a donné, outre les impôts et taxes, très généreusement, pas mal de dollars à la municipalité. Ce qui n’empêchera pas celle-ci d’envoyer quelques poulets inspecter le poulailler. Poulailler, parce que le lupanar s’est aussi fait appeler le “Chicken Ranch”. Pourquoi ? Tout simplement parce que lors dela Dépression ces messieurs payaient les services rendus par les poules en poulets et autres gallinacés… Maison close donc, mais ouverte toute la nuit. Avec le bar, mais sans gnole, à gauche de l’écran Avec les messieurs en chapeau-clac qui viennent voir les madames pour une partie de franche poilade yes.

En fait, c’est pas vraiment JLH qui voulait passer devant les tribunaux. C’est surtout Bernard Bessman, le producteur ;de nombreuses sessions-cachetons de JLH. Comme il était pas con le producteur du “Fâzeur Off Ze Bôôgie”, vu que les velus se sont fait un max de tunes avec le riff en La, qu’ils ont par ailleurs largement trituré dans tous les sens, et que du coup les compteurs des banques d’El Paso se sont mis à tourner comme un seul homme, il a voulu leur raser l’herbe sous le pied. Vu le foin qui en a résulté, c’était le bon choix, surtout qu’il était en période de Longhorn maigres. Les fans texans et environ se sont précipités sur la discographie du dabe. Nonobstant l’aide bienveillante de Carlos Santana, on était en 1992 (remember “The Healer”), les rentrées pécuniaires allaient lui permettre de beurrer les épinards sans se foutre la rate au court-bouillon. Comme il y a une moralité, les juges déboutèrent Bessman, bicoze que “Boogie Chillun” était passé dans le domaine public. Conclusion de cette affaire : Bessman s’était fait repasser. C’était justice au vu de tous les financements de donations consacrées au blues généreusement octroyés par le gang. Mais bon, les dollars, y’a pas que ça.

Savoir jouer correctement l’intro de “La Grange”, la quintessence du boogie zizitopique, donc meilleur (enfin pas toujours, heureusement) que l’original, est un pur phantasme de guitariste amateur ou non. Ne parlons pas du solo connu pour être l’un des meilleurs de Gibbons. Peut-être même l’un des meilleurs tout court. L’archétype dans le genre : gammes brisées, double-stops, justesse affriolante des bends, sens de la mesure, de la respiration.. et l’utilisation du fameux “one to one” : une arnaque qui permet de jouer le solo par exemple en do alors que le morceau est en la. Avec un chouia de “Pandora Box”, la célèbre disto légère (?), une Les Paul (Mistress Pearly Gates, une Les Paul 59 quand même) bien juteuse et une grosse pincée de lyrisme rythmique dans la créativité en 12 mesures, peut-être que la mousse prendra. Yes Restera à garder le tempo et trouver les subtilités harmonico-rythmiques millimétrées au quart de poil qui en font un classique. Et c’est loin d’être évident, j’en sais quelque chose. Ça fait des années que je m’escrime toujours sur ce machin. Un peu comme si j’étais Keith prenant une leçon. Juste comme si, hepn, car pour le reste …
Alors, oui, j’ai trouvé de bons apôtres qui m’ont fait la démonstration CQ, mais FD, que c’était pas compliqué, que c’est moi qui voyait ça compliqué grave velu. Tu m’étonnes ! Ben voyons, pourquoi pas? Meu l’autre, c’est toujours de ma faute !

Bien sûr que j’ai maté les vidéos pédago sur le sujet. Y’en a une sacrée poêlée sur IouTioube. Alors, la Fernande-s sur les genoux j’ai essayé. Bravement. Encore et encore. Inlassablement, régulièrement, religieusement, méthodiquement. Résultat : ben le doigté, les articulations, quand bien même je prends un dollar comme plectre et des SH-PG comme micros, quand bien même je pense à la jointure de la basse pilon (remarquable Dusty Hill) qui amène les fondamentales, manque toujours kek’choze. Passons sur l’indéboulonnable drumming de l’impressionnant Franck Beard (né sous le signe du Buffle, ça ne s’invente pas non plus). M’a fallu un peu de temps pour piger qu’il manquait l’âme. Vous comprenez ça ?, l’âme. Texane. C’est-à-dire qu’il manque les cactus couillus, les gonzesses et les nichons montés sur gambettes-carburateurs, les strings échancrés, les bagnoles (la Cad’61 surtout, les autres c’est trop hot-rod pour moi) décolorées, peroxydées, nickelées, peinturlurées. Et chromées. Manquent aussi les hangars remplis jusqu’à la gueule de Telecaster millésimées, voire de Broadcaster et de Strat, et des modèles customisés selon les humeurs et les thèmes des tournées, le comptoir de vingt mètres avec les bocks de bière alignés tout du long comme à la parade. Et la Hog Zillla. Manque aussi la Strat55 qui survole les riffs plombés de Mistress Pearly Gates. Comment voulez-vous que j’y arrive ! ? Y’a pas les icônes phallo-machos précitées. La vie par tous les bouts, quoi ! Car, voyez-vous, le boogie sexuel, c’est aussi dans le (télé)-visuel. Surtout pas dans le virtuel.

Nonobstant tout ça ‘va falloir s’y faire au retour en masse du boogie sexué et sexuel. Les trois mousquetaires texans ont trouvé un accord et vont signer sous peu, probablement dans quatre ou cinq jours, chez American Recording, le label de Rick Rubin. Un grand dans la production… et un géant dans le marketing. Pensez donc : il a réussi à faire croire aux intellos, qui ont avalé, sans piper, la couleuvre toute crue, que Johnny Cash était un dangereux théoricien gauchiste. Intégral véridique, reprenez la presse musicale de 68 à 1995 et celle de 1996 à maintenant. Ceux qui ont vu Johnny Cash au Théâtre de l’Etoile en 75 savent de quoi je parle Dérive grave. Retour au sujet.
Donc, avec leur d’Artagnan des manettes, les Trois du Texas vont trancher dans le lard, bien décidés qu’ils sont à revenir aux sources trop top-moumouttes. Au putain de bordel de boogie bien gros, bien gras et bien moelleux, grillé au barbecue. Au blues-boogie. Au ZiZi Boogie.
Shake It Baby !
Ouèche !

ZiZi HôPô

Professor
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