LeS CRaSHBiRDS CRaCHeNT Le MoRCeau !

LeS CRaSHBiRDS CRaCHeNT Le MoRCeau
Crashbirds
CRASHBIRDS Pierre se débouche un coin – Père Fecto 2019 – Photo : Evelyne Coutas

C’est au Père Fecto, un restau-bar du 13ème, que cette interview des Crashbirds s’est déroulée. Les Crashbirds étaient déjà installés dans un petit coin. Comme ils sont bien élevés et que je n’avais que trois minutes de retard – un record, car en général c’est plutôt 10 que 3 ! -, ils ont gentiment attendu avant de commander quoi que ce soit. Informée on ne sait comment ni par qui, une photographe arrive et va se planquer ici et là à l’extérieur ou à l’intérieur de la salle . Ce jour-là, il pleuvait…

Les Crashbirds c’est un homme et une femme, cha ba da bada, cha ba da bada.
Pierre Lehoulier, c’est l’homme.
Il joue de la guitare électrique (Gibson SG). Il officie également en tant que Crashboxer. On y reviendra. Pierre, il a des cheveux longs, on dirait Sitting Bull, surtout quand il est debout. C’est aussi un bricoleur comme on n’en fait plus. C’est simple : vous lui donnez des palettes, il vous en fait une bibliothèque. Vous lui donnez une bibliothèque, il en fait des palettes. Vous lui donnez les palettes et la bibliothèque, des alloufs et du papier journal, il en fait un feu. Bref, vous lui donnez n’importe quoi, il en fait quelque chose. Pierre, c’est un roc. Fallait la faire, je l’ai faite.
Delphine Viane, c’est The Lady. La muse.
D’ailleurs un rien l’amuse. Elle joue de la guitare acoustique parce qu’attendre que la guitare sèche avec le sèche-cheveux à la main, ce n’est pas son truc. Ses guitares : Taylor et Takamine. Delphine, elle a aussi de grands cheveux qu’elle coiffe d’un béret écossais. Les bonnets, elle évite. Avec son béret, on pourrait la confondre avec Bonnie Parker, mais avec un bonnet, ce serait Bonnet Parker. Drôlement moins crédible. Mais surtout Delphine chante. Et même drôlement bien.
A eux deux, ils forment le gang Crashbirds, à côté duquel ceux de Jessie James, Dillinger, Baby Face Nelson ou la Horde Sauvage font figure de pieds tendres. Et, qu’on se le dise, Pierre et Delphine sont deux tourtereaux. Comme les deux du gang Barrow.
Cha ba da ba da, cha ba da ba da.

Ils ont sorti une poignée d’albums, mais celui qui m’a vraiment scotché c’est European Slaves, qui est, me semble-t-il, le plus abouti et marque une cassure réelle avec ceux qui le précèdent. 38 minutes de riffs accrocheurs tassés au marteau-pilon et breakés au marteau-piqueur.  Résultat : des morceaux qui peuvent sans peine s’incruster dans l’inconscient. Pour preuve, depuis quelque temps, j’ai Weekend Lobotomy ancré dans les synapses jour et nuit. Les emprunts au boogie, au blues, au punk, au garage, au hard sont multiples.
Quant aux textes, ils attaquent frontalement le capitalisme et la démocratie. Mais aussi le stade suprême de l’impérialisme : la mondialisation. Car c’est de rock prolétarien, quasi ouvriériste dont il est question ici. C’est vindicatif, revendicatif. Belliqueux (au sens romain du terme). Paroles d’Apocalypse pour des brûlots dystopiques. La démarche narrative n’est pas totalement éloignée de l’intention politique : elle est en totale fusion avec car elle en est le support constitutif. Un peu comme la Mano Negra (en moins festif… pour l’instant) ou comme les Clash (en plus radical). Une musique pour les masses. European Slave est dans la prise de risque permanente. Working class music oblige. Ce qui n’empêche pas d’y voir des gens comme Third World War ou Edgar Broughton en filigrane. Guitar Army. Dirty Rock’n’roll. C’est joué brut, stakhanoviste, sans compromission, d’autant que ces oiseaux-là ne sont pas signés sur une major, mais sur leur propre label. On n’est jamais mieux servi que par soi-même, surtout si l’on veut se donner les moyens de garder le contrôle le plus possible.

Delphine : Tu sais ce qu’on a fait avant de venir ici ?
PBH : Je donne ma langue au chat…
Pierre : Comme on vient de rentrer de Bretagne et qu’on refait tout dans une maison, on a repeint le plafond de la cuisine parisienne. Vu qu’on était dans la lancée des travaux, on s’est dit on ne va pas mollir. Alors on a bossé comme des bêtes, en somme.

La barmaid arrive, prend les commandes : diabolo menthe pour tous.

EUROPEAN SLAVES : la conception

PBH : On pourrait parler, par exemple de European Slaves, que j’ai sincèrement adoré.
Pierre : On s’est acheté un Tascam portastudio DP-24SD qui prend 8 pistes. 
Delphine : C’est enfantin de s’en servir. Il n’y a juste qu’à gérer le volume. Après, sur chaque piste, on peut rajouter ce que l’on veut.
Pierre : Et on a rentré tout en un coup chez nous, à la maison : les guitares, mes deux crashbox, la guitare de Delphine et le chant. Tout ça d’un seul bloc. Ensuite on a fait des arrangements derrière. C’est du vrai direct et procéder ainsi, ça file plus la pêche que de travailler piste par piste. En gros, la base, c’est enregistré d’un seul bloc comme si on était en live. Après on a greffé des percussions : de la cloche, un gros tom, un haricot mexicain, puis des chœurs et des voix, beaucoup. Et d’autres instruments. Les guitares, on n’a touché à rien parce que bon… (rires).
PBH : Les textes ne sont pas très optimistes …
Delphine : Jamais.
Pierre : C’est marrant parce que tu vois, ce qui se passe en ce moment, les mecs dans la rue (il parle des Gilets Jaunes) et tout…
Delphine : C’est lui (elle montre Pierre) qui écrit les paroles.
Pierre : Avant d’écrire les morceaux, je me disais : “Mais comment ça se fait que les gens ne se révoltent pas, pourquoi ils ne prennent pas des fourches, c’est de pire en pire cette espèce d’apathie, c’est curieux… “. En fait le propos d’European Slaves c’était pourquoi ne bougent-ils pas ? On disait que les gens sont des esclaves et sont contents d’être des esclaves, ils n’ont pas besoin d’un César ou de quelqu’un pour les commander, parce qu’ils sont bien contents de payer leurs impôts, d’acheter des trucs fabriqués par des enfants chinois ou des prisonniers. Et puis, finalement, si. Au début du mouvement je n’en croyais pas mes yeux : les gens bougent ! Enfin ! Ils ne sont donc pas aussi naïfs qu’il n’y parait.
PBH : Il y a un morceau qui m’a frappé, c’est Voters Strike, ça ne serait pas inspiré de chez Octave Mirbeau, La grève des Électeurs, par hasard ? (*)
Pierre : Tout à fait. J’avais lu le texte et la chanson reprend le titre mais pas exactement le même propos. Il avait même été traduit en anglais par je ne sais plus qui.
Delphine : La Grève des Votants…
Pierre : Plutôt La grève des Électeurs. C’est aussi l’idée que lorsque tu penses sauver la patrie des chemises brunes ou de n’importe quoi, en fait tu ne votes jamais, tu ne fais que cautionner le système. C’est lui Mirbeau qui disait que les moutons eux, au moins, ils ne choisissent pas le boucher qui va les abattre. En fait voter de nos jours, ça revient à voter Machin car je suis contre Truc. Si on me donnait un bulletin “contre” peut-être que j’irais ? Mais quand tu votes Machin pour que Truc ne passe pas, au bout du compte, tu cautionnes toujours celui pour qui tu as voté. Il date de quand le texte ? De 1800 et des bretelles ?
PBH : Exactement. C’est tous les anars et autres libertaires de cette époque, Darien, Proudhon… Donc, Voters Strike j’ai vraiment aimé. Et puis Week End Lobotomy aussi. Et ce qui est bien c’est que je me couche et me réveille avec. Aussi je vous remercie pour les berceuses et les réveils en douceur, nan mais vraiment (Delphine est pliée en quatre).
Pierre : Je me suis bien fais avoir quand on a fait Week-end Lobotomy.  Je me suis dit : “On va faire un petit truc rapide, parce que c’est [la vidéo] animé assez grossièrement.” En fait c’est à cause du robot, il tenait pas debout. Trop lourd. A l’origine, j’avais même pensé mettre quelqu’un complètement bourré entrain de dégueuler toute la journée, mais un robot ça passait mieux. 
Delphine : On aurait dû l’emmener, remarque, avec la pluie …
Pierre : Il n’est pas ouatère prouf.

THE BIRD IS THE WORD (ou le choix d’un nom)

PBH : Passons aux choses sérieuses. Question à la Jacques Chancel, pour paraphraser Serge Gainsbourg : pourquoi ce nom, les Crashbirds, Crash d’accord, mais Birds pourquoi Birds ? C’est bizarre de prendre un nom d’oiseaux (rires).
Pierre : Quand il s’est agi de choisir un nom on a fait une liste avec plein de noms genre les Crashdogs, mais ça avait déjà été pris.
PBH : Remarque  “chien”, y’en a déjà beaucoup dans le rock’n’roll : Underdog, Siamaese Dog, les Dogs, Skydog (Duane Allman), Led Zep (Black Dog) et même les P90, les micros Alnico (Dog Ear) Hot Dog Buddy Buddy, etc….
Delphine : “I Wanna Be Your Dog 
Pierre : C’est vrai, mais birds y’en a peu quand même.
PBH : Si, y’a eu les Byrds et les Birds, Surfin Bird, Ronnie Bird, Birds and the Bees. Et même The Mynah Bird Hop… Mais ça va le faire sur les rézos zozios.
Pierre : Les Yardbirds aussi ! C’est vrai, “Birds”, ça a déjà pas mal été pris aussi. Mais Crashbirds, ça me faisait rigoler, ça faisait un peu oiseau kamikaze.
PBH : Il n’y aurait pas une réminiscence hitchcockienne dans cette orientation ?
Crashbirds : Non pas vraiment.
Pierre : En fait c’est vachement chiant de choisir un nom de groupe, parce que tu t’aperçois très vite qu’il y a eu des milliers de groupes et que le nom que t’as choisi a déjà été pris.
Delphine : Avant on s’appelait Softsuicide.
Pierre : C’était moche.
Delphine : En plus ça faisait seveussurlalangue.
Pierre : Pis t’arrive pas à le dire sans envoyer une tonne de postillons.
PBH : Effectivement, si à chaque fois que tu le prononces, le mec ou la nana en face est obligé d’ouvrir le parapluie, c’est pas pratique.
Delphine : Comme les sseveux sur la langue zenre Grosminet. Le zézaiement !

ET LE PRIX PULITZER SERA ATTRIBUÉ A ……

PBH (qui, instantanément, sent grave venir le scoop, le truc qui pourrait lui faire attribuer le Prix Pulitzer ainsi que la grosse enveloppe qui va avec) : Attends ! Stop ! Silence dans la salle ! T’as dit quoi, là ? Répète un peu pour voir ! T’aime bien Grosminet ? J’ai bien entendu ? Non d’un chat ! Saprisssti !
Delphine : Ah moi j’adore Titi et Grosminet
Pierre : Moi aussi ! Surtout l’épisode où Grosminet bouffe le piaf.
Delphine : Ouai mais y la grand-mère…
Pierre (les yeux concupiscents) : Faut que tu voies ça comment il le bouffe. Elle le retourne, lui tape sur le cul pour lui faire recracher le canari.
PBH (imperturbable) : J’espère que savez que Grosminet a un fils !
Delphine : Ah ouiiiiiiiii, il lui ressemble !
Pierre : Parce que Grosminet a un fils !!!!
PBH : Oui, il s’appelle Zunior. Et il n’a qu’un rêve, c’est son père chasse la grande souris, en fait un bébé kangourou dénommé Hippety Hopper qui vient d’Australie dans une caisse en bois. Par bateau. Et il y a sept épisodes de la série, où le marsupial bébé n’arrête pas de foutre des bourre-pifs dans la truffe à Grosminet.

Pierre : Nannnnn, j’peux pas voir ça ! Je préfère quand même revoir en boucle l’épisode où il bouffe Titi.
PBH : Sûr, t’aime pas le canari, toi.
Pierre : Nan, mais il est immonde avec sa voix dégueulasse.
Delphine (imite en off les zézaiements de Titi) : Pis il a une tête à claques.

Tout le monde est alors bien conscient que c’est à cet endroit, à cet instant, que se joue l’avenir de l’humanité. Voire bien plus grave : celui du rock’n’roll.

Évelyne (la photographe qui pouffe et qui descend du lustre où elle s’était camouflée derrière son Instamatic 50) : Nan mais attend, c’est quoi ça, ch’connais pas ! Vous êtes en train de faire la biographie de Grosminet ou vous parlez de musique ?
PBH (très grumpy) : Nan mais tu vois pas où t’es là ? Que t’assistes à une réunion de l’Amicale des Fondateurs des Amicales de Grosminet. De quoi je me mêle ? C’est vrai ça alors. Tu te rends pas compte : parler de Grosminet avec ces deux piafs ça a du sens, surtout que ce pauvre greffier il n’arrête pas de se crasher à cause du canari. Tiens pour le coup, ce serait marrant de voir un concert réunissant les Crashbirds et les Straycats !
Delphine : Et dans le genre “gros”, Pierre a travaillé à “Grodada”, le journal pour enfants créé par le Professor Choron. Et puis il est entrain de finir une bande dessinée : Super Gros Con, Un Héros des Temps Modernes Du Siècle Dernier.

PAS DE BATTEUR, PAS DE BOÎTES A RYTHMES, ALORS QUOI ?

Après cet intermède où la troisième guerre mondiale faillit être déclarée, un ange passe et la conversation reprend un cours normal.

PBH (retrouvant ses esprits et son calme légendaire) :  La Crashbox, c’est quoi ?
Pierre : Basiquement, la Crashbox c’est un coffret en bois contenant trois bouteilles de Bordeaux. Pour tout te dire, au début du groupe, on a eu deux batteurs et puis on les a virés. Alors j’ai essayé de jouer de la guitare en bois, comme Delphine, une guitare de scouts (rires), mais je suis pas trop doué pour ça. On a fait deux ou trois concerts avec cette formule, puis je me suis dit : non mais c’est pas possible, on peut pas continuer ainsi, c’est pas mon truc. J’ai repris la guitare électrique, mais l’électrique je trouve ça mieux avec des percussions. Alors j’ai bidouillé la caisse de pinard qu’un pote m’avait apportée pour un barbecue et j’ai mis un tambourin dedans avec un petit micro. Le tout repose sur un tapis pour pas que ça glisse lors des transports ou autres. Comme ça sonnait un peu pauvre, j’ai ajouté une deuxième caisse avec un micro de grosse caisse. Alors, c’est vrai, c’est un peu le même beat. Ce qui est drôle, c’est qu’il y a des gens qui me demandent : “Elle est où ta boîte à rythmes ?”. Je leur réponds que je n’en ai pas, mais ils ne veulent pas le croire !”

YOU’RE CRASHBOXING TO ME

N’empêche, être Crashboxer ce n’est pas rien. Primo, il est impératif d’être assis, car il faut bien comprendre que c’est le pied droit qui va alternativement frapper une caisse puis l’autre. Un peu comme un ballet d’essuie-glaces. Il y a donc une évidente prise de risques à ne pas être assis. Deuzio, il y a la guitare. Et il faut qu’elle soit bien sanglée tout en reposant sur le côté droit de Pierre. Et c’est là que l’on comprend que seul un homme – surtout pas une femme et encore moins Delphine avec ses magnifiques gambettes de serin auxquelles je fais souvent coucou – peut supporter une souffrance pareille. Une souffrance ? Pffff ! Un réel supplice. Car Pierre est sans arrêt au bord des crampes. Tant du mollet droit, que des quadriceps et des jambiers de la même gambette poilue. C’est à un point tel, que la fonction développant l’organe, il marche dorénavant deux fois plus vite de la jambe droite que de la jambe gauche. Alors, artiste sacrifiant toute sa vie à sa vision artistique, lorsqu’il veut marcher, en fait il fait du surplace. En clair, il tourne en rond. Il creuse une tranchée, mais autour de sa chaise. Et puis il ne faut surtout pas qu’il enfile une autre paire de souliers, Pierre Lehouiller, car sinon le son des Crashbirds en serait métamorphosé à jamais.
Supposons, qu’au lieu de mettre une Dock à coque droite (il n’a pas besoin des deux, puisque – rappel – il n’y a que la seule jambe droite qui trotte sur la Crashbox), il enfile un chausson chinois, ou pire une tong. On imagine un peu le résultat. Mais il pourrait y avoir bien pire, mes frères. Oui, il pourrait y avoir bien pire mes sœurs. Ce serait que Pierre soit obligé de jouer de la Crashbox avec une chaussure droite de scaphandrier, c’est-à-dire lestée de plomb. Le boucan que ça ferait pas. Ça pourrait même casser les caisses de pinards ! Pis alors niveau muscu, je ne vous dis pas le volume que prendraient la bandelette de Maissat, le tenseur du fascia lata, le pectiné, le demi-membraneux, le muscle extérieur du gros orteil et le trochanter. Or celui-là, Pierre il s’en fout : il chante pas trop, juste des chœurs.
Au final, Crashboxeur c’est ortador sans galérien mais avec toutes les galères et les chaînes aux pieds. Et avec une sirène comme Delphine pour chanter dans la voile …

Ouèche !

Professor BeeB HôPô

(*) Pour lire La Grève des Électeurs, c’est ICI

PS : Tous mes remerciements à Pierre et Delphine pour cette interview plus festive que journalistique !

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4 Commentaires

  1. Alors si j’ai bien suivi, Sitting Bull debout joue bien assis finalement ?
    Ben sinon moi, j’ai tout bien aimé : la musique, chant, guitare et crash-box comprise, la mélodie, le riff, le son un peu trash, le petit film d’animation, super, ainsi que les digressions délirantes et parfois hilarantes de l’interview qui me laisse pan-tois…
    Et dans l’expectative de savoir si une crash-box Saint-Emilion aurait un meilleur son ?

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