PauL FeNeCH 1/2

Paul Fenech

Notre sujet du jour n’est pas franchement Bisounours, et même pas du tout. Donc, âmes sensibles…..

C’est que P.Paul Fenech et son gang, les Meteors, sont de sacrés zozos. Ils sont là depuis  bientôt 35 ans et ça fait autant que Fenech – et avec lui les Meteors – a systématisé et posé les jalons du psychobilly, à tel point  que tous les groupes, hormis les Cramps, qui se sont engouffrés dans la mouvance, font pâle figure à côté. Son inspiration : les plus trognonnes bébêtes de la création qui fournissent acteurs et figurants de l’univers météorique. Ce qui inclut une horde de joyeux “psycho-zophrènes”sanguinolente à souhait et… à point : loups-garous, vampires, morts-vivants, goules, détrousseurs de tombes, voleurs de cadavres, croque-morts, momies, tueurs en série, éventreurs, zombies, croque-mitaines et une flanquée d’autres joyeux lurons plus proches de Gnafron que de Guignol…. Gore et sympa….

Bien évidemment, tous sont armés de poignards affilés, de tronçonneuses déchaînées et autres ustensiles désopilants et spirituels pas vraiment conçus pour jouer à la dînette… Slashers névrotiques pour un foutoir schizo-frénétique et pervers, auxquels Fenech rend des hommages répétés et très appuyés tout au long d’une discographie de presque trente albums (en comptant les albums solos, les compilations et les Best Of), qui sont autant de wagons de son train fantôme personnel…. Trashy et très sympa…. (*)
Tout comme l’est l’expression unique du groupe : le psychobilly.

Le genre a vu le jour au début des 80ties. Le mot est un néologisme américain qui apparaît pour la première fois dans “One Piece At A Time”, un rockab’ en Do jubilatoire composé par  Wayne Kemp pour Johnny Cash (Ah yeah Red Rider this is the Cottonmouth In the Psychobilly Cadillac come on.) Les exégètes attribuent aux Cramps la primauté de l’appellation pour le genre musical, même si les Meteors en sont les chantres incarnés et leur leader l’iconoclaste icône sacrificielle sacrifiée. D’ailleurs, l’acronyme OTMAPP (Only the Meteors Are Pure Psychobilly) a le mérite d’être clair et de remettre les éventuels postulants à leur place. C’est flanqué sur pratiquement toute la com’ du groupe.
Musicalement, le psychobilly, c’est une invraisemblable et pittoresque (?) fusion. Ingrédients : du punk-rock délabré (un tout petit peu), du rockabilly qui faisait alors un come-back pour le moins porteur (vachté beaucoup), des textes portant sur des sujets aussi essentiels que gratinés (passionnément) et un grain de guitares piqué au surf rock (énormément). Avec tout ça, la mixture prendra assez vite (à la folie). Pensez donc !
On notera toutefois que les deux cohortes, punk et rockab’, sont celles qui comptent parmi les plus grands intégristes et les plus farouches défenseurs de leur idiome dans la sphère rock’n’rollienne. En clair, les deux publics sont parmi les plus fidèles. Ça compte dans la donne, car les fans ça assure l’envie. Et les fins de mois… Dans le cas des Meteors, les adulateurs, c’est “The Crazies”. Une véritable unité d’élite dans le genre fan-club suivant à la lettre le commandement n°1 du maître : “It is extremely important to realise non of my music is was or ever will be politically motivated fuck that shit”. C’est dit comme c’est dit, mais au moins, comme toujours avec Fenech, ça a le mérite d’être (très) clair.

Le hic, c’est qu’avec son caractère d’ornithorynque chafouin mordu par un renard enragé, Paul Fenech (Fenech + renard = humour) a usé un sacré paquet de bassistes et de batteurs. Tous avaient la technique pour le suivre et le soutenir, mais pas forcément la patience de le supporter. Regardez Nigel Lewis : membre du trio orginel il est parti, en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, fonder les Escalators, futurs Tallboys.  Au passage : le set des Meteors dans leur formation initiale au Cyhtéa, rue Oberkampf, est encore dans bien des têtes. D’ailleurs, et en général, un concert des Meteors, ça ne peut laisser indifférent…  Et ils en ont fait un sacré paquet… Mais pour l’heure, avec Wolfgang Hordeman (ça ne s’invente pas) à la batterie (cette manière de poser ses pains sur la caisse claire !!) et Mark  Burnett à la contrebasse (cette tranquillité quand il slappe les cordes !!) le groupe semble s’être stabilisé depuis quatre/cinq ans.
N’étant pas du genre à faire comme un quelconque exalté rockab’, Fenech privilégie les guitares montées de micros simples. Principalement Fender et Charvel. Encore qu’on ne l’ait jamais vu avec une Telecaster. Il est vrai que la Tely, c’est loin d’être un oriflamme psychobilleux. De même, il ne traîne pas trop sur scène avec des Gretsh, entre autres la 6120, guitare ô combien en usage dans le rockab’ moderne et, plus encore, dans le psychobilly. Très surprenant en revanche : il se laisse aller de manière occasionnellement très occasionnelle, et encore pas très souvent, sur certaines “Nighthawk” et “Flying V” Gibson et beaucoup sur une Toronado Fender plutôt alambiquée. La guitare acoustique, pareil, c’est plutôt rare, voire franchement exceptionnel. Et avec une constance infinie, il ne joue que sur amplis Marshall, et ce depuis les débuts.

Si le son du groupe est si proche du surf-rock instrumental ou non (cf. : leur cover de  “Surf City” de Jack & Jim) tendance brit saturation (Marshall oblige), c’est que Fenech l’a façonné aussi à grands coups de Strat et de Jaguar. Bref, rien que des Fender single-coil, mais millésimées et choisies avec une minutieuse maniaquerie. Car le bonhomme connaît son sujet à fond, aficionado de la pelle qu’il est ! Voyez plutôt : il a engrangé  une collection de plus d’une trentaine de Strat. Dont quelques séries L de derrière les fagots. Et avec, tout de même, quelques Gibson 335 (aaaaah !) et une poignée de Gretsch.
Or, les collections, il en fait. Thèmes : à peu près tout ce qui se rapporte ou qui se réfère de près ou de loin, mais surtout de près, à ses passions. Grand dévoreur de bouquins – ce qui laisse à penser qu’il ne se nourrit pas que des restes de morceaux de viande crue et dégoulinante d’hémoglobine qu’il n’a pas déchiquetée en cours de show – il a empilé une sacrée bibliothèque. Et, parce que les bouquins il ne les dévore pas seulement que par la tranche, il a accumulé une impressionnante collection de surins en tout genre, mais pas destinés à étaler la confiote sur la biscotte du caoua matinal. Enfin pas vraiment ! Ça ne collerait d’ailleurs pas trop à l’image de l’individu, lequel thésaurise aussi les DVD (et K7 vidéos) de films d’horreur atrabilaires (de série M), de westerns obscurs (série M+) et autres genres à haute portée philosophique (de série M++).
Au total, un spicilège de 3000 pièces, souvent très rares, qu’il a accumulées aussi pour, dit-il, sa documentation personnelle. Ce qui tendrait à dire que son œuvre, qui est une référence, se base aussi sur des références et une documentation toute aussi abondante que son oeuvre. C’est bien.

Ça prouve aussi que Fenech a des lettres. D’ailleurs les reprises des Meteors le démontrent fort bien : “Get Of My Clouds” (Rolling Stones), “Get Me To The Word On Time” (Electric Prunes), “Somebody Put Something In My Drink” (Ramones), “Johnny Remember Me” (Johnny Leyton), “Rawhide” (Frankie Laine), “Bad Moon Rising” (C.C.R), “Little Red Riding Hood” (Sam The Sam), “This Boots Are Made For Walking” (Nancy Sinatra), “Please Don’t Touch” (Johnny Kidd), “Who Do You Love” (Bo Diddley), etc…. Les choix ne sont pas impartiaux !

Et puisque qu’il est question de lettres, le vocabulaire est tout aussi bien choisi et fleuri. Exemples, au hasard : une maison de disques baptisée Sonovabich et un album intitulé “Bastard Sons Of A Rock’N’Roll Devil”. Papa a dû être jouasse !!!! Bien entendu, le “f….k word” est employé en abondance et avec opulence, c’est même presque une marque déposée. Pas forcément angélique comme une messe, mais diablement efficace comme slogan. Et, encore une fois, ça a le mérite d’être clair et donc d’être compris par tout ce qui peut posséder un infime gramme d’intelligence. Ce qui n’empêche nullement Fenech d’écrire des textes qui sont souvent de véritables manifestes (voir l’album “Madman Roll”).
Ah ! Tiens, petit rappel : “F.U.C.K” est l’acronyme de Fornication Under The Control of the King. Puisque j’vous l’dis !

Seulement voilà : les Meteors sont, sans aucun doute, l’un des meilleurs combos jamais sortis des cuisses du psychobilly et donc du rock. Ce n’est pas seulement une question d’attitude, de look, de langage et de com’. C’est surtout une question de mise en place. Car l’interaction entre la voix martiale de Fenech et les accords de guitare est imparable. Voyez déjà comment le bougre est à l’aise avec une gratte entre ses psycho-pattes ! Observez son talent pour construire un solo. Cet art de quitter le thème, d’exposer et monter son histoire, de la développer et de la terminer pour retourner subrepticement au thème, frise le génie à l’instar de son art consommé pour lancer une intro tout en loopings rythmiques. Écoutez attentivement ceux de “Radioactive Kids” et Wolfjob” qui se situent à chacun des bouts de sa carrière. Rien que ceux là. Juste ces deux là.
Vous comprendrez alors pourquoi il est de mes dix grands et que sa première réponse au questionnaire n’est pas si arrogante qu’elle en à l’air, comme ça, à première vue.
Aller, on passe aux questions. Ouèche !

Prof.

(*) Il les a quasiment tous chanté sauf un : Joe Vickers. Saurez-vous dire qui est-ce ?
P.S. 1 : J’ai toujours pensé que c’est lui qui aurait du tenir le rôle de Jason Voorhees !
P.S. 2 : Ma mère déteste toujours autant. C’est bon signe !!!

Bop-Pills_Trait_rouge

6 Commentaires

  1. Beau billet encore une fois…. Mon expérience Meteors arriva tout juste quand pour moi, les punks bands commençaient à s’auto singer à la mi 80’s et que l’ennui commençait à poindre… Je commença même à l’époque, alors tout jeunôt, à 17 balais, une émission radio uniquement dédié au psycho, Cramps en tête, évidemment, même si ils faisaient figure d’OVNIS même dans le genre… Mais c’était le seul ancrage musical qu’on arrivait à leur reconnaître à l’époque. Les Meteors demeuraient en tête de file. Puis, quand tout cela se mit à grossir, cela devint de la merde, comme d’hab’ hein, avec même des mouvances radicales et fascisantes (pourquoi tant de haine et de connerie même dans la musique ?) . Bref, dés que la grande populace s’accapare un mouvement, cela devient de la merde hype et sans goût… Les Meteors restent une vraie référence et le père Paul a toujours défendu son bifteack rock’n’roll… Merci Beeb !

  2. Un vrai Killer ce Paul ,pas peur de sauter dans la fosse et d’en calmer quelques uns !…ces Concerts dégageaient une grosse tension en permanence …on savait qu’il allait se passer un truc à chaque fois. Je n’ai jamais ressenti ça ailleurs ! Un vrai velu de chez velu !

    • BRAVO ÉRIC : TU ES LE GRAND GAGNANT DE CE PREMIER CONCOURS ! FÉLICITATIONS – UNE DEMANDE EN AMI FB VIENT DE T’ÊTRE ENVOYÉE AFIN QUE NOUS PUISSIONS METTRE L’IMAGE SURPRISE SUR TON MUR FB.
      Prof.

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