BeeBoPiToNe Nr 9 : “TeaR iT uP”- aNDy aRRoW aND The TWaNGToNe MaRVeRiCKS

Andy Arrow - Bop Pills

Où il est question d’Andy Arrow, de “Tear It Up“, des Twangtone Marvericks, de Johnny Burnette, de Bob Thiele, d’un lion, de Louis A., et …. de toons !

Andy Arrow © Unknown

Pour ce BeeBoPiToNe, le neuvième (*), j’ai choisi une version un peu plus rock que rock’n’roll du morceau du Johnny Burnette Trio, “Tear It Up“. C’est peut-être bien la plus méconnue et l’une des plus rares, mais comme tout ce qui est méconnu et rare, c’est de loin la meilleure. Et pourtant les reprises de “Tear It Up” y’en a tellement – souvent plus inutiles les unes que les autres – qu’on pourrait solder avec un rabais de 90%. Citons parmi le gratin : Shakin’ Stevens, les Cramps, les Straycats, en passant par les Kingbees, Whirlwind, Albert Lee, Deuce Wild, The Sun Cats, Charlie Feathers, The Rustabouts, Bill Wyman’ Rhythm King … Même Paul Burlison ne peut s’empêcher d’y aller de sa vision de la chose. Idem pour Dorsey Burnette qui lui emboite le pas et fait sa petite relecture à lui tout seul. Mais eux, ils ont le droit et les droits. Et pour cause : ils sont co-auteur de l’originale.
En ne mentionnant que celles-là, c’est vous dire la palanquée d’abominations épouvantables qui pourraient ressurgir si jamais Trump, Poutine et l’autre s’amusent à appuyer sur le mauvais bouton.

Pour l’heure, c’est la cover d’Andy Arrow et son groupe, les Twangtones Marvericks que j’ai retenue. Car elle sonne du feu de Zeus du point de vue de mes ouïes. Non ?
On la trouve uniquement sur la compilation “Nighttime Roundup” (A Collection Of Contempory Rock Songs From The State Of Tennessee) sortie chez Taxim, label défunt. Allemand de surcroit. C’est vous dire si c’est une rareté rarissime … quasi introuvable. Mais quand on a de l’obstination.
Elle date de 1992 et fut enregistrée au 16th Avenue Sound de Nashville, studio qui, refourgué en 2004, devient le Digital Audio Post.

Néanmoins, ou en plus, le brave lecteur qui lit courageusement ces lignes se dit dans son fort intérieur : “Mèkissèssa Andy Arrow ? Sèvrèssa ! Kissé semec ? Pidoussekisor ?”. Le problème c’est que l’on en sait très peu sur lui. J’ai demandé à des syndicats de batteurs et des associations de cogneurs situés dans Nashville : y’a personne qui le connait. J’ai aussi envoyé moults mêles comme autant de bouteilles à la mer. Mais rien. Juste quelques retours pour me dire : “On sait pas, on connait pas”. Alors, il reste les notes de pochettes du CD. Faudra s’en contenter.
En voici une adaptation revue et corrigée. D’autres disent revisitée, car ça fait bien “revisitée”, ça fait rock. Tandis que revue et corrigée ça veut dire pareil mais c’est nettement plus ringard …… pour les rock-criticks. M’en fous, je suis pas rock critick …
Brièvement, Andy Arrow est connu pour être l’un des batteurs les mieux fringués à l’Ouest du Pecos. Dans une zone qui irait, disons, hum, de New York à San Francisco. En faisant un arrêt prolongé à Nashville surtout. Quand il arrive dans la capitale du Tennessee, il a une seule ambition en tête. Et pas la moindre. Il veut s’imposer comme l’un des meilleurs drummers de Music City. Alors, il joue, mais tant qu’à faire, autant être engagé par des pointures, de préférence pas n’importe lesquelles. Par exemple : Joe Sun, Jimmy Ellis, Marty Stuart, Alan Jackson, Rodney Crowell, liste non exhaustive, vont s’offrir ses services. De plus, il est le chanteur guitar-slingind de son propre groupe, The Twangtone Marvericks. Fin de traduction.

Sauf que lors de cette session, les Twangtones Marvericks s’établissent ainsi :
Andy Arrow : vocals, drums, percussion (dont le drumming est le pivot sur lequel tous les autres instruments viennent se greffer).
Fred James – guitars (un guitariste – requin de studio – comme on ne sait en faire qu’au Tennessee et le compositeur du classique “Full Moon On Main Street” dont les innombrables adaptations feront sa fortune)
Bob Kommersmith – contrebasse (qui joue aussi souvent comme bassiste sur les albums solos de Fred James)
Chop Forrester – accordion. Si vous entendez l’accordéon à la première écoute, vous me passez un coup de turlu, j’appelle Jeanne d’Arc et on vérifie avec la brûlé. En fait il y en a. Mais mixé très en arrière dans les parties de rythmiques. Du coup c’est comme s’il n’existait pas. 

Le lecteur qui s’apprête à regarder cette vidéo sublime va glousser de plaisir en voyant virevolter tous les musiciens fabuleux et talentueux qui accompagnent Andy Arrow et son groupe. Car pour ce clip exclusif, j’ai invité tous ce que les Toons peuvent compter comme guitaristes de génie et techniciens hors pairs de la six cordes. Pour n’en citer que quelques-uns : le Warner All Stars Guitar Band, The Smurfs Guitars Unlimited. Pis y’a Tom, Donald, Mickey, Woody, Alf, Pirloui et bien d’autres. Ainsi qu’un invité surprise que l’on ne voit qu’à la dernière image. C’est quand même mieux que Roger Rabbit. D’ailleurs, ces Toons m’ont couté un sacré paquet de toons … A Hollywood ça serait une superproduction destinée à être un blockbuster.

Bon, c’est pas tout ça. Pour la petite histoire, celle qui fait la grande histoire du rock’n’roll (ah que ouai), rappelons tout de même que la version originale fut enregistrée le 7 mai 1956, à Pythian Place (NYC), les studios de Coral Records. Bob Thiele est aux manettes. De l’autre côté de la vitre, Johnny Burnette (chant), Paul Burlison (lead guitar), Dorsey Burnette (contrebasse), Eddy Grady (drums). Thiele conseille aux guitaristes de mettre les aigus à fond, tant sur les guindes que sur les amplis. Ce jour-là, Paul Burlison joue sur une Fender Esquire pourvue d’un seul micro à simple bobinage. L’ampli est un Fender DeLuxe, le petit frère du Twin qui n’est rien d’autre qu’un DeLuxe à deux Hp et plus puissant alors que le Deluxe n’en a qu’un hp. S’il en avait deux ce serait plus un DeLuxe, mais un Twin. CQ, mais c’est FD.
Bob Thiele produira d’innombrables sessions pour Coral, dont celles de Buddy Holly à New York et même une louchée d’album de blues (John Lee Hooker, T-Bone Walker et BB King) sur le label Bluesway, une filiale de Coral. Parenthèse : le sommet de Thiele, c’est d’avoir co-écrit l’une des plus belles pièces du répertoire américain dont les paroles et la mélodie sont transcendées par Louis Armstrong. Bien sûr, il y a la version de Joe Ramone, mais celle d’Armstrong …
Notre lecteur aura deviné qu’il s’agissait de “What A Wonderfull Word”. Où brille aussi le talent de George David Weiss, co-auteur de “The Lion Sleeps Tonight”.
A-weema-weh, a-weema-weh, a-weema-weh, a-weema-weh

Ouèche !
Professor BeeB HôPô

(*) Il est là 

9 Commentaires

  1. Réponse à Marvin
    Ben quoi, ils te plaisent pas mes zentils bonzommes toons que c’est tous des guitaristes terribles (sauf Sylvester et Bart que eux c’est des chanteurs, même que) ????
    Pis t’as vu comment tout est séquencé sur la voix ou sur les fills de guitare ?
    Seize heures de boulot pour que ce soit réglé au quart de poil.
    Pour la version du 7 mai 1956, elle est partout sur la toile. Mais puisque c’est toi, un lien au hasard.
    Keep On Boppin’On
    Professor

  2. 3 minutes et 12 secondes de pur bonheur cette vidéo. Surtout pour la musique ! continue à nous documenter et à nous faire découvrir ce genre de trouvailles introuvables.
    Tiens par exemple, fais nous écouter la version originale du 7 mai 1956. Si si, tu dois l’avoir.
    Merci encore

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