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Jimmy Page - William Burroughs

Jimmy Page – William Burroughs – Tel quel, traduit par le menu et par le Professor Lui-même, le condensé de la fameuse et néanmoins célébrissime interviouve de Jimmy Page, faite par Willliam Burroughs, à New York, lors de la lucrative tournée américaine de Led Zeppelin en 75. In ze texte, c’est narré carré par Stephen Davis dans son ouvrage sur les coulisses de la dite tournée : LZ-’75 (“Les Chroniques Égarées de la Tournée Américaine de LED ZEPPELIN”). Allez, en attendant Ze Foul Monty, c’est la nôtre !

La longue limousine noire emmenant Jimmy Page pour son interview par William Burroughs fait son entrée sur une Fifth Avenue légèrement enneigée. La voiture s’arrête devant le 77 Franklin Street, un endroit sombre et glauque, jalonné de lofts industriels acquis peu à peu par de jeunes artistes et des pionniers urbains. Jimmy est accueilli sur le pas de la porte par le jeune assistant de Burrouhgs, James Grauerholz….. Burroughs, qui a guidé Page vers les quatre paliers de l’escalier menant au grenier de l’écrivain qui 61 ans. Il est vêtu d’un veston, sa cravate est mise en valeur par un gilet brodé marocain. Il tend la main et offre à son hôte une tasse de thé acceptée avec plaisir. Également présents : un photographe pour pérenniser l’entrevue et l’éditeur de “Crawdaddy”, Josh Feigenbaum, à l’origine de cette rencontre. [….] Avant de passer aux choses sérieuses, Burroughs montre ostensiblement au fondateur de Led Zeppelin son “orgone accumulator”, “orgone accumulateur” qui ressemble à une grosse caisse en contreplaqué. Assis à l’intérieur, Burroughs explique certaines énergies concentrées de façon productive et saine selon les théories développées par le psychiatre Wilhelm Reich. Jimmy Page décline l’offre de Burroughs d’essayer la boîte à orgones…

Ayant vécu plus d’une dizaine d’années à Londres, Burroughs a imaginé la possibilité qu’ils aient des connaissances en commun avec Jimmy. La liste élaborée ensemble comprend des noms intéressants dont le réalisateur Camell Donald, coréalisateur du film “Performance”, John Michell, un expert sur les questions occultes, notamment Stonehenge et les ovnis, Mick Jagger et d’autres rock stars britanniques, ainsi que Kenneth Anger, auteur de “Lucifer Rising”. Burroughs confabula sur les sentiments de l’énergie et de joie de vivre qu’il avait vécus, assis au 13ème rang d’un concert de Led Zeppelin. Ces sentiments, dit-il à Page, étaient semblables à ceux qu’il avait connus en écoutant de la musique marocaine, en particulier les hautbois et les tambours des Maîtres Musiciens de Jajouka. D’un air penaud Page a dû admettre qu’il n’avait pas encore visité le Maroc, mais qu’il avait été en Inde et en Thaïlande, et qu’il y avait entendu beaucoup de musique.

Burroughs était soucieux d’amener Page à parler du contrôle de la foule, une fascination de longue date. “Il semble que les rock stars doivent jongler avec des matières fissiles de l’inconscient de masse susceptible d’exploser à tout moment.”

Tu le sais, Jimmy, a-t-il poursuivi, la foule s’avance… un équipement lourd tombe sur elle… la sécurité devient folle et puis… un bruit comme une montagne maudite ou n’importe quoi, s’écroulant dans une confusion indescriptible.”

Page n’a pas sourcillé. “Oui, j’ai pensé à ça. Nous y avons tous pensé. La chose importante est de maintenir un équilibre. Les kids apprennent à voyager avec la musique. Il est de notre devoir qu’ils passent un bon moment et qu’il n’y ait pas de problème.”

Burroughs se lance alors dans une série d’anecdotes morbides recueillies sur les bousculades fatales. Comme celle des 360 supporters de football écrasés lors d’une émeute à Lima, au Pérou. Puis celle du groupe Storm, jouant dans un dancing en Suisse. Leurs effets pyrotechniques ont explosé, tandis que les sorties de secours avaient été cadenassées. “Trente-sept morts y compris tous les artistes”, rappelle Burroughs. (*)

Après avoir versé deux doigts de whisky pour lui et Page, Burroughs explique avoir été informé qu’il s’agissait de la première tentative de déploiement d’effets spéciaux scéniques du groupe, habitué à jouer sans artifice visuel. “Bien sûr”, a acquiescé Page. “C’est vrai. Lumières, lasers, de la neige carbonique sont très bien. Mais, encore une fois, je pense qu’il faille maintenir un certain équilibre. Le spectacle doit procéder de lui-même et ne pas s’appuyer uniquement sur les effets spéciaux, aussi spectaculaires soient-ils. Ce que je veux vraiment, ce sont des notes au laser. C’est après ça que je cours : trancher dans le vif.”

Burroughs s’est ensuite demandé si la puissance de la concentration de masse connue par le public de Led Zeppelin pourrait être transposée dans une sorte d’énergie magique qui pourrait se matérialiser par un véritable escalier pour le Paradis. Il a ajouté que le moment où l’escalier devient ainsi quelque chose de matériellement possible pour le public pourrait être celui du plus grand danger. Page oppose à nouveau que les compétences d’un artiste impliquent d’éviter ces dangers. “Il faut être prudent [avec les très grandes foules]. C’est un peu comme conduire une charge de nitroglycérine.” Page dixit, tout en décrivant la manière dont un fan s’est retrouvé agressé quelques jours auparavant à Philadelphie comme l’exemple type d’une situation qui aurait très bien pu dégénérer mais qui, pour une raison ou une autre, ne l’avait pas été.

Au cours des margaritas prises au restaurant d’à côté, “Les Jardins du Mexique”, Burroughs a demandé moult détails à Page sur sa maison des bords du Loch Ness en Écosse, maison ayant jadis appartenue à Aleister Crowley. Était-elle  vraiment hantée? Page a affirmé qu’il était sûr qu’elle l’était. Le monstre du Loch Ness existe-t-il ? Là aussi, Page répond affirmativement. Sceptique, Burroughs s’est demandé comment le monstre pouvait trouver assez de nourriture. La conversation s’est poursuivie au cours des enchiladas. Burroughs a parlé des infrasons inaudibles pour l’oreille humaine, soi-disant développés comme une arme par l’armée française. Puis, sur la communication inter-spécifique, parler aux dauphins par ondes sonar. Burroughs a expliqué qu’il pensait qu’une remarquable synthèse pourrait être atteinte si la musique rock revenue à ses racines antiques, celles de la cérémonie et du folklore, était assimilée en partie avec de la musique de transe entendue au Maroc.

Jimmy Page était réceptif. “Eh bien, la musique qui implique la répétition de riffs, aura de toute façon un effet de transe, vraiment comme un mantra. Et, vous le savez, nous avons été attaqués pour cela. “

Ils se séparèrent à l’extérieur du restaurant sur le trottoir glacé, avec force merci et au revoir. La Limousine de Jimmy Page ramena le guitariste à l’Hôtel Plaza, tandis que William Burroughs, James Grauerholz et Josh Feigenbaum retournèrent au loft de Burroughs pour écouter la bande enregistrée par Josh.

Ouèche !!!!

(*) NDT : il semblerait que les chiffres et lieux concernant ce paragraphe soient erronés. La Tragédie de l’Estadio Nacional de Lima s’est déroulée le 24 mai 1964. Elle a fait 318 morts et 800 blessés. Quant à la catastrophe concernant le groupe Storm, il s’agit de l’incendie du 5-7 dancing situé à Saint-Laurent-du-Pont en Isère le 1er novembre 1970. Il y eut 146 morts. Guy Debord, le théoricien situationniste, a écrit un texte à ce propos. Téléchargez-le ici.

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