ToNy Joe WHiTe – “SouL FRaNCiSCo”

Tony Joe White

Tony Joe White
Tony Joe White Plectre © Dominique Benoiste

TONY JOE WHITE

(23 juillet 1943 – 24 octobre 1974)

– Je me souviens du mois d’août 1968 à Kervalet, hameau coincé entre Guérande, le bourg de Batz et Le Croisic,
– Je me souviens, nous y sommes en vacances, mon pote le chevrier et moi, sous la surveillance étroite de ma miouze, on a tout juste seize ans,
– Je me souviens qu’on était fatigués de ne rien faire depuis trois mois vu que tous les bahuts étaient en grève,
– Je me souviens qu’on aimait le rock et le ciné. Ça n’a pas changé.,
– Je me souviens d’un soir où nous avons entendu une guitare bizarroïde dans le transistor,
– Je me souviens du timbre de voix du chanteur, un certain Tony Joe White,
– Je me souviens ! C’était sur le “Pop Club” avec José Arthur, les nuits étaient moins dures,
– Je me souviens que c’est Pierre Lattès qui présentait le meilleur disque pop de la semaine,
– Je me souviens que cette semaine-là, il matraque (on sort de mai 68 !) un morceau qui durait 1’50,
– Je me souviens que nous en sommes restés béats,
– Je me souviens du titre : “Soul Fransisco”,

I ain’t never been to San Francisco / But I believe a thing has happened there / All them things I’m hearin’bout San Francisco /
And all them childrens with flowers in their hair

Tony Joe White
Tony Joe White Plectre © Dominique Benoiste

– Je me souviens que, bien plus tard, je n’arrête de téléphoner au standard de FIP, et grâce aux gentilles standardistes j’ai su enfin que “Voodoo Village” est le titre qui fait la joie des programmateurs de la station “vous-êtes-coincés-depuis-deux-heures-boulevard-Sébastopol-entre-Châtelet-et-la-rue-Réaumur”,
– Je me souviens avoir trouver le pressage original U.S. de “Black and White” en coin coupé dans le bac à soldes de Music Action,
– Je me souviens que “Closer To The Truth”, “Lake Placid Blues”, “The Path To Decent Groove” ont accompagné une période cruciale de ma vie,
– Je me souviens avoir vu TJW au New Morning un soir de déprime en 94 ou 95, j’ai un doute,
– Je me souviens, ce soir-là, il joue une Fender “Lake Placid Blue”,
– Je me souviens qu’à la fin du concert, je rafle le plectre qu’il venait de balancer dans la salle, j’ai les preuves,
– Je me souviens qu’à la fin du concert, j’aurais pu voler la guitare restée sans surveillance dans son flight-case,
– Je me souviens du flight-case posé sur les amplis et des portes arrières du van grandes ouvertes,
– Je me souviens qu’ensuite avec mon pote le chevrier, lors de nos diners en ville, nous discutions intensément de Tony Joe White et de sa période année “90” et  je lui disais que Tony Joe imitant Mark Knopler ou J.J. Cale, c’était pas vraiment ça – la place étant déjà prise -, mais qu’en fait, ça ne me gênait pas du tout. Enfin si, un peu,
– Je me souviens que nous avons toujours suivi Tony Joe White comme des truffiers après un renard (!),
– Je me souviens que, flânant dans la rue Dauphine, j’ai aperçu Tony Joe White à travers les fenêtres des salons de l’hôtel d’Aubusson, vers 16h un samedi après-midi, probablement en 97 ou 98,
– Je me souviens lui faire un salut de la main, en échange il me fait un sourire complice,
– Je n’ai jamais oublié ce sourire.

Ouèche !

Professor BeeB HôPô
 

3 Commentaires

  1. j’oubliais de dire que tes récits sont non seulement instructifs, mais racontés avec tellement de goût, quelquefois de malice et souvent d’humour. J’aime aussi le choix des vidéos ou des photos toujours originales. Voilà Beeb, bonne nuit à toi

  2. Chouette souvenir Beeb, j’ai simplement voulu connaître le créateur de Polk Salad Annie chanté par Elvis sur son album “on stage february 70” et j’ai commençé par une compilation Warner qui ne m’a pas suffit. Depuis j’ai le coffret japonais Monument et le double intégral Warner. Le son de la Louisiane, quand on est fan de James Burton…un peu normal finalement

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