ROLLING STONES – Live In Austin – 22 octobre 2006 – Et rockeuze année 2012 –

Quoi de mieux pour commencer l’année en beauté qu’un bon foul concert des Rolling Stones ? Surtout que depuis le 1er janvier 2012 à pas d’heure, il ne nous resterait que 355 jours 12h 12mn 12″ et des brouettes  à vivre dans notre douze France. C’est ce que les Mayas ont prédit pour nous foutre les zabeilles. Mais, ils ne connaissaient pas les années bi-textiles ni la saison du blanc. Or, justement, 2012 en est une d’année bi-textile. La preuve que c’en est une, y’aura les Jeux Olympiques. Et à Londres, hein mister Delanoë ! Donc les Mayas ont tout faux et on est pénards. Et puis c’est la saison du blanc. Pour le coup, on aurait pu avoir le bourdon. C’est malin …. Pffff….

Mais fi des billevesées. Nous sommes le 22 octobre 2006 au Zilker Park. Si ! Le Ziller Park c’est 142 hectares de terrains de jeux et de flâneries. Une sorte de Hyde Park londonien, mais texan. Ach so !  Car le Zilker Park se trouve à Austin, capitale du Texas, chef lieu des exécutions capitales et ville qui en a éduqué plus d’un. Quelques noms juste en rappel, histoire de revoir les fondamentaux : Janis Joplin, Johnny Winter, Steve Ray Vaughan et son frère Jimmy, 13th Floor Elevator, Shawn Collins, Eric Johnson, Calvin Russel, la tribu Leroi Brothers, etc.
L’état a vu éclore tout un pan du blues, avec ce que les Stones et le rock anglais lui doivent.
Encore quelques noms, mais ils constituent l’un des socles de la musique amplifiée : Albert Collins, Clarence “Gatemouth” Brown, Lowell Fulson, Johnny “Guitar” Watson, Freddy King, Lightnin’ Hopkins et une flopée de bluesmen dont mon texas ranger préféré à moua que j’ai que je suis même presque totalement fan : l’immense T-Bone Walker !
Ce jour-là, en backstage et avant de grimper sur scène, Jagger fera le bœuf avec Pineton Perkins qui posera avec les Stones. Non sans que Ron Wood fasse des siennes et cabotine un max sur certaines photos histoire de faire son intéressant !
Tiens, pour le coup, j’ai failli oublier ZZ Top et Buddy Holly, les Texans les plus célèbres à l’Ouest du Pécos et de ce côté-ci de l’Oural. Mais c’est des rockers… Alors …..

Ce concert est l’une des étapes américaines de la tournée “A Bigger Bang”, puisqu’il est bien connu que les Stones sur scène, c’est plus fort que le “Big Bang”. Ils auraient pu appeler ça le “Hot Big Bang”, mais “Bigger” était idoine en regard du gigantisme de ce marathon-péplum mondial étalé sur trois ans. Et puis “Hot Big Bang” est, je crois, l’un des petits noms du Grand Bang.

Le tracks-listing de cette soirée texanne : 1 – Opening / 2 – “You Got Me Rocking” / 3 – Lets Spend The Night Together / 4 – ” She’s So Cold” / 5 – “Oh No Not You Again” / 6 – “Sway” / 7 – ” Bob Wills Is Still The King” / 8 – “Streets Of Love” / 9 – “Aint Too Proud To Beg” / 10- “Tumbling Dice” / 11 – “Learning The Game” + 12 – “Little T&A” (chantés en apnée par un Keith Richards au bord de l’essoufflement) / 13 – “Under My Thumb” / 14 – “Get Off My Cloud” / 15 – “Honky Tonk Women” / 16 – “Sympathy For The Devil” / 18 – “Jumpin Jack Flash” / 19 – “(I Cant Get No) Satisfaction” / 20 – “Brown Sugar”
A noter : il manque deux morceaux du concert réellement joué : “Bitch”, flanqué de ses cuivres qui restent une vraie plaie, et “You Can’t Always Get What You Want” avec ses chœurs toujours horripilants à souhait, respectivement en neuvième et vingtième places de la set-list authentique.

On laisse de côté le fait que Jagger n’a toujours pas appris l’once d’un pas de danse, même s’il se prend souvent pour une danseuse tahitienne, mais sans le monoï ni le nombril; que Charlie, tel un hérisson écrasé, a toujours l’air de s’amuser, mais ça se voit pas, c’est à l’intérieur; que Ron Wood, beaucoup moins fringant que backstage, s’échine à faire son Johnny Thunders sans la classe et que Keith change de guitare plus vite que Jerry Lee Marcel. Soyons magnanimes et oublions idem-itou que Kiki Les Ratiches n’a toujours pas appris à chanter live et qu’au lieu de massacrer “Learning The Game” de Buddy Holly et chevroter “Little T&A” au bord de l’asphyxie,  il devrait se cantonner à faire ce qu’il fait si bien : riffer. Oublions encore certaines vocalises jaggeriennes complètement à côté de la plaque. Tout ça, c’est inclus dans le ticket et on sait qu’on va en avoir pour son argent.  C’est aussi la magie des Stones : savoir se vendre et comme ils sont- souvent très inégaux d’un concert à l’autre ……
Ceci étant posé, il y a quand même un grand moment, celui où les Stones sonnent vraiment comme l’incarnation de l’immense groupe qu’ils auraient pu être  : “You Got Me Rockin”. Un morceau de bravoure joué cinquante fois lors de cette tournée.

Alors question : pourquoi un gros bout du reste ne va pas aussi bien qu’il le devrait et le pourrait ? A mon humble avis, chercher un premier indice dans la démesure pharaonique des tournées du groupe, celle-ci surtout, ne serait pas dénué de bon sens. Ce show en est la preuve. Chercher aussi dans les guitares de Woody serait aussi une bonne piste. Tant qu’il ne comprendra pas qu’une Stratocaster, même une série L ultra millésimée (*) et rarissime choisie avec un soin maniaque et obsessionnel, arrache les feuilles dans cette grande débauche, on en restera bien souvent à de l’à peu près.
Risquant le tout pour le tout, j’irai jusqu’à dire que les Stones des débuts, même jouant faux comme pas possible, avec une mise en place des plus approximatives, sonnaient mieux qu’aujourd’hui. Simplement parce que leurs guitares étaient toutes (ou presque) surmontées de micros plus consistants que ceux d’une Strat, lesquels single-coils au milieu de ce grand cirque zim bam boum font quand même un lourdement léger et bougrement rikiki. Aerosmith l’a vite compris, c’est aussi pour ça qu’ils ont rapidement eu ce “gros son” gras-couillu-velu si recherché en haut lieu. C’est qu’à cinq sur scène, les choses se corsent un tantinet. Et quand l’un sonne différemment des autres, ça s’entend tout de suite.
D’ailleurs, les meilleurs moments de ce concert – car il y en a de sacrés ! – sont ceux où, comme par hasard, Ron Wood se lâche sur des humbuckers. Et quand il est sur sa Zeimatis pourtant pas piquée des vers, ça le fait aussi. Remarquez, doit pas y avoir que ça, la Strat, vu que la plupart de ses parties de guitares ont été refaites en studio avant passage sur cédés et dévédés. Hé ! Hé !

C’est dommage, car il y a belle lurette (depuis le départ de Mick Taylor) que les Stones ne sont plus vraiment un groupe mais une somme d’individualités avec des grattes traînant trop souvent par ci et par là. Bien d’autres l’ont dit avant moi, mais l’idée est juste. Or, une somme ne fait pas un groupe. Ils disent aussi que “le plus grand groupe de rock’n’roll du monde” c’est une réunion de musiciens pour qui les tournées sont de fructueuses rentes viagères devenues indispensables, incapables qu’ils ont été de composer le moindre hit depuis trente ans. Certes, certes. Mais, le pétillement et le bonheur de Keith sont incontestables. L’éclat de son regard à 1:55 est magique.
D’autres pensent aussi, non sans raison, que Jagger et Richards n’ont jamais retrouvé cette si belle et prolixe fibre créatrice de la période Decca qui leur a permis de balancer des classiques rock’n’rolliens, voire des standards universels. “Satisfaction”, c’est quoi a votre avis ?
N’empêche qu’on le veuille ou non : les Pierres ne sont pas si émoussées que ça. Et elles ont encore quelques beaux restes.
La preuve parmi quatre-vingt huit minutes.
Ouèche !

Professor BeeB HôPô

(*) En fait Woody, il a deux Strats Sunburst quasi identiques, l’une de 1955 et l’autre de1956. Et ce sont celles auxquelles il tient le plus. Grrrrr !!!

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