LeS PauL – HiSToiRe(S) D’uN auToGRaPHe eT auTReS HiSToRieTTEsS NiouyoRKaiSeS y CoMPRiS uN BoeuF aVeC STaNLeY JoRDaN 2/2

Les Paul - autographe

Résumé de l’épisode précédent : Pr. BeeB HôPô est à Niou York et il va dans un club de Manhattan voir un fabuleux guitariste, Les Paul. BeeB HôPô n’est pas content car, un jazzeux avec plein de doigts qui vont vite, vient jouer de la guitare avec Les Paul au lieu de foutre la paix à tout le monde. Pour l’heure, BeeB HôPô s’est mis à la queue, pour aller faire signer un joli papier par Les Paul.

C’est pas tout ça, mais pour en venir à ma conversation avec Les Paul, faut que je sois franc. On a devisé un tout petit peu, parce que vous comprenez, y’a pas trop le temps. D’abord, parce que je suppose qu’à 92 balais, ce n’est pas si bon de veiller jusqu’à pas d’heure dans la nuit. Et puis, il y a les fans. Ils attendent. A vue d’œil, la file fait 75 mètres. Z’ont tous quelque chose à faire signer : jaquettes de DVD, bouquins, livrets de CD, photos, visières de casquettes ou un simple bout de papier.
Y’a les fans, disons classiques, mais il y a aussi ceux d’une autre espèce. Les guitares geeks. Ils ont, protégés par des housses, des valoches et mêmes enveloppés dans des draps, des modèles Les Paul (Gibson ou non) qui sont pas de la gnognote. C’est souvent hyper rare. Même ultra-rare. Au point d’étonner Les Paul lui-même. J’ai même vu ce soir là deux “Les Paul Personnel” et une basse “Les Paul Triumph” à un seul micro, modèle hyper-ultra-rare s’il en est. Exceptionnel !
Les guitares geeks, viennent faire signer leur instrument. Certains sont en quête d’infos sur celui-ci. Alors, c’est auprès du maître qu’ils viennent chercher le détail qui manque.

Les Paul, le marqueur à la main, affable et appliqué, assis à une table dans un coin de l’Iridium, une canette sur un coin de la table, signe donc à peu près tout ce qu’on veut bien lui présenter. Il sait que c’est une partie de ses fidèles et que beaucoup sont venus pour ça. Alors, pas question de refuser quoi que se soit à qui que ce soit.
Et puis tous, appareil de photos et/ou guinde à la main, attendent aussi pour se faire photographier avec le Wizard de Waukesha ………. Pour tous , s’il n’est pas question de quitter la place sans la photo, il est encore moins question de partir sans la sacro-sainte-signature !!!!!!
Voyez-vous, tout ça, ben mine de rien, on dirait pas, mais ça prend un sacré paquet de temps. Or, je suis presque le dernier dans la file. Alors, j’attends mon tour. Et, plus j’attends, plus le temps passe, plus  je me rapproche de lui, plus mon respect pour cet homme grandit.

C’est à moi. Je suis en face de LUI. Je n’en mène pas large. Le respect, vous comprenez : r-e-s-p-e-c-t. Très ému d’être devant LUI et de LE voir, j’essaie de faire rapide. Je LUI tends un bloc-notes de ma résidence niouyorquaise. IL signe aussi vite que son ombre. J’étais déjà hyper jouasse, ça aurait pu en rester là. Mais allez savoir pourquoi, je m’arcboute sur la table (tain, le culot !!!) et …. sans même m’en apercevoir vraiment, j’ose. Si, J’OSE … LUI expliquer en cinq secs’ le blog qu’IL a jamais vu. Que le blog c’est beaucoup la guitare et les guitaristes. Que BeBop352, c’est un alter-ego. Qu’une photo de Les Paul photo trône en très bonne place depuis des lustres sur la page d’accueil (et c’est pas prêt de changer, et encore moins maintenant, ben tiens). Qu’en France les guindeux, très imbus d’eux mêmes semblent avoir oublié tout ce qu’ils lui doivent.
Le tout avec mon pittoresque accent nouillorquais de Grenelle-sur-Javel !

IL écoute, attentif, et essaie gentiment de décoder. IL comprend. Fait semblant ? Nan, il comprend ça que je lui dis. Alors IL pose SA main gauche sur ma main gauche. Ça m’a fait l’effet d’avoir mis les pieds sur un nid d’oursins en rut. J’ai les cheveux qui se dressent sur la coloquinte. Une iroquoise sucrée au miel. C’est comme si Django sortait de sa tombe et que tous les deux se mettaient à faire un “Concerto pour deux mains gauches”.
Électrisé, épileptisé et puis… momifié. Pétrifié. Médusé, que sais-je encore ? Paralysé, me dit-on à droite. Va pour paralysé ….. J’avais eu la même impression avec T-Model Ford : il m’avait serré la pogne, et c’était comme si le Mississippi était en cru…..  J’en moufte plus une. IL m’a saisi la pogne ! LUI ! Les Paul ! Ma pogne gauche à moi ! Elle qui n’a jamais serré la cuillère à quiconque. Que c’est la droite qui “les” collectionne. De Jimmy Rogers à Jorma Kaukonen, de John Kay à Robert Wyatt, en passant par John Lee Hooker, Mike Wilhelm, Lee Brillaux, Hubert Sumlin, John Hammond, Dave Edmunds, j’en passe et des meilleurs, elle en a serré des louchées de louches !

Tiens d’ailleurs, au passage, et pour vous dire la vérité vraie, ça m’est venu en lisant une interviouve de Little Bob dans “Frock en Lock”, dans laquelle il disait que le jour où il avait serré la pogne à Burdon, il s’était plus lavé les mimines pendant quinze jours. C’est comme ça que j’ai eu cette idée un peu loufe : collectionner les mains serrées (*) ! C’est pas des trucs à dire en ce moment….
De la droite, IL reprend le bloc-notes. Et IL refait l’histoire, disons les cinq dernières minutes. IL me refait un autographe pour moi, adressé à moi, rien qu’à moi. IL a ajouté “To BeBop352” et “Thanks”. C’est celui que vous voyez en JPEG, là juste à droite, et que l’original, depuis, il est protégé de la lumière et du soleil !
Là, IL me coule… Je fonds.
Alors, devenant plus fort que moi-même, et d’un élan de cerf, je me redresse en LE remerciant tout plein.
Et je LUI tends la paluche….. Droite ! Hé ! Hé !
Ouèche !

Professor BeeB HôPô (ex-BeBop352)

(*) Moi aussi j’ai serré la mimine d’Eric Burdon, et deux fois siouplè. Et les deux fois dans des circonstances pas tristes. Vous raconterais peut-être ça un de ces quatre.

Bop-Pills_Trait_rouge

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