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SoPHie Lo : eXPo CHeZ RouGH TRaDe eaST, LoNDoN. 2 aVRiL 2012 – 3 Mai 2012

Mar 31st, 2012 | By | Category: BeeBoP CaTS & WiLD KiTTeNS

Outre-manche, elle a réussi à imposer sa marque et son nom. De ce côté-ci de l’Oural, c’est pas vraiment ça. Exemple : en ce qui me concerne et, à vrai dire, pour être franc, honnêtement, je l’ai découverte à travers le conflit qui opposa Philippe Marcadé à Facebook, Marcadé dont elle est une grande amie – c’est lui qui l’a encouragée à se lancer – et Facebook qu’elle n’utilise désormais plus que pour la promotion de ses œuvres. Mais suis-je peut-être un mauvais exemple ?

Le rock est son thème de prédilection. C’est une bonne idée. Surtout que c’est pas n’importe quelle tendance. Son rock à elle, il est monté sur pile électrique. C’est les Cramps, Dr Feelgood, Fats Domino, Billy Lee Riley, Louis Jordan, Chuck Willis, Johnny Thunders, Chuck Berry, etc. Et aussi Brian Jamestown Massacre, puisque Anthony Newcombe la débusque via Internet et lui demande de réaliser les affiches de la tournée mondiale 2010.
Quand c’est pas du rock, c’est de la littérature. Charles Bukowski, William Burroughs, Hunter Thompson, John Fante… Ou de la country. Ou du blues tendance Chess Records. Bref tout ce qu’on aime et autant de preuves de bon goût. J’ai failli oublier les Senders, groupe dont Philippe Marcadé était le leader. Ça aurait pu me coûter cher !

Graphiste, en quelque sorte, c’est un communicant concepteur de visuels sur toute forme de support. Seulement pour Sophie Lo, le graphisme en poster, en pochette cédés, en oeuvre de commande, en affiche, en sites Internet (dont celui des Senders !), n’est pas venu comme ça.
C’est lorsqu’elle s’est aperçue que nombre de pochettes de disques et affiches de concerts n’étaient pas qu’un peu tartignolles qu’elle a décidé de se mettre à l’ouvrage. On ne peut lui donner tout à fait tort, surtout que des ratages, on en a vu un paquet. Du coup les collectionneurs n’étaient plus seulement en rut, mais en pamoison. Les ratés parlent aux ratés. Pensez donc : un collectible supplémentaire à se foutre sous les crocs !

Sophie va en connaître un de raté, lequel très certainement et fort heureusement a pesé dans son itinéraire artistique. Car figurez-vous qu’il lui est arrivé ce qui arrive à beaucoup de plasticiens, étudiants, artisans, patrons etc. : elle rate un concours d’entrée, en l’occurrence celui de la l’École Supérieure des Arts Appliqués Duperré au motif qu’elle n’avait pas le sens de la couleur. C’est grave. Et aussi parce que dans les épreuves éliminatoires, il y avait une sculpture en polystyrène à réaliser. Suprême de “gravitude” et manque de bol, la colle qu’elle utilise fait fondre l’œuvre ! Preuve que bien trop souvent, les jurys prennent des décisions qui ne collent pas toujours à la réalité.
Ceci étant, dans la famille on est artistes ou on n’est pas. Son père, apatride ukrainien, est l’un des architectes retenus pour la création des plans du Palais des Congrès et du Concorde Lafayette. Sa mère, Françoise Lo, emprunte le pseudonyme de Sophie Makhno – en raison d’une profonde admiration pour l’anarchiste ukrainien Nestor Makhno – et enregistre une suite de singles et Lp. Et devient “ze” parolière de Charles Dumont connu pour être l’un des mentors de Willie DeVille, présent aussi dans les œuvres de sa fille. La boucle est bouclée. Ou presque …

Comme j’y connais que couic en graphisme, parce que sorti de Publisher 2003 ben moua, c’est pas la peine, hors de question de parler des techniques. Et vu que par-dessus le marché, à l’instar de nombreux graphistes, elle travaille sur Mc alors que j’en suis resté à XP, pas question de se fourvoyer davantage. Tout ce que je sais, c’est qu’elle manipule son Final Cut à la perfection. Les peintres ont leurs pinceaux, les graphistes leurs logiciels.

Par contre, comme ses visuels j’aime beaucoup, je vais me risquer. Pas que j’y connaissance grand chose idem itou, mais parce qu’ils relèvent d’une démarche qui n’est pas anodine. Elle puise dans le passé pour faire son présent. Or, chez rock’n’roll, c’est la marque des plus grands. De même, elle a appris à maîtriser sa palette d’applications toute seule. Les grands ont souvent tout appris dans la solitude.
Ses “graphiques” je les apprécie également parce qu’ils me rappellent les tonalités de couleurs employées par la Mano Negra tout au long de sa si belle histoire. J’y retrouve aussi l’éther des affiches du Fillmore et sa palanquée de graphistes historiques (allez on se fait plaisir et on lâche deux noms : Rick Griffin et Randy Tuten). Et je les aime surtout parce que ça me transporte imparablement dans les annonces de concerts de l’Amérique des années 50, je parle de ces affiches dont les facs similis cartonnés font le bonheur des bouquinistes et des touristes, ainsi que certains des stands des Puces de Clignancourt. Comme j’ai de l’imagination et que j’aime les voyages spatio-temporels, j’ai comme l’impression de voir les noms en lettres de néons aux frontons des théâtres américains ou anglais.

Mais l’un des tours de force de notre dame, c’est de manier avec une facilité déconcertante le détournement, technique si chère aux situationnistes. C’est qu’ils avaient érigé la chose en pierre angulaire de leur stratégie de prop’agit, puisqu’on ne parlait pas de comm’ à l’époque. Du coup, on avait vu éclore des pépites comme “La dialectique peut-elle casser des briques ?”, superbe filouterie, dont les sous-titres n’avaient plus rien à voir avec les dialogues originaux du nanar d’arts martiaux originel, “Cruch”.
Dans le cas de Sophie Lo, les détournements aboutissent à de petits bijoux de drôlerie dont la vidéo “Don’t Fuck With Me”, réalisée pour les Senders, qui est un pur chef-d’œuvre. Juste en passant, la sélection des séquences est maligne à souhait et superbe au possible. Un régal. Idem pour “I’m Gonna Be A Wheel”, toujours pour les Senders mais où elle emprunte des bandes des Stooges, le trio pas le quatuor, dont chaque image est sur le tempo.

Évidemment vu que l’expo est à Londres, ça fait un peu loin. Mais c’est chez Rough Trade. Donc d’une pierre deux coups : l’expo et les emplettes en vinyle, polycarbonate sous aluminium et papyrus. Ceux qui iront le 14 avril auront de la chance car elle sera là toute la journée. Une occasion de se faire signer un tas de trucs et de discuter avec elle.
Ouèche !

Professor BeeB HôPô

✮ The Senders – DON’T FUCK WITH ME – 2010 ✮

Rough Trade East / ‘Dray Walk ‘ / Old Truman Brewery / 91 Brick Lane / London / E1 6QL

Bop-Pills_Trait_rouge

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One Comment to “SoPHie Lo : eXPo CHeZ RouGH TRaDe eaST, LoNDoN. 2 aVRiL 2012 – 3 Mai 2012”

  1. […] cantonne aux States et Bloodshot Bill est au Japon. Sinon, à Londres The Front (au Jubille, dont Sophie Lo est la graphiste attitrée). Pour le jazz, pas de problème, “Jazz à la Villette” […]

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