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aSToRia THeaTHer, 31/03/1967 – HeNDRiX TouT Feu TouT FLaMMe

Juil 8th, 2008 | By | Category: BoP THe RoCK

Comme tout le monde, ou presque, le sait, la célèbre Fender Stratocaster à laquelle Hendrix foutit le feu à l’Astoria Theater le 31 mars 1967 va se retrouver mise aux enchères.
Et pas sur Ebay, voyez-vous.
L’intérêt mercantile de cette gratte, outre le fait d’avoir été jouée par l’Acidulé Gaucher ?… c’est d’être la première à inaugurer une série de Strat qui finirent en cendres.
De plus, c’est avec elle que le feu prit une place importante dans le rock, puisque c’est lors de ce concert que les flammes s’invitent pour la première fois sur scène. Une fumante idée qui fera son chemin. Par exemple, Arthur Brown quelques mois plus tard, mais avec une vasque flambée en guise de galure. Parait que ses neurones et ses synapses ont pas trouvé ça drôle…… Faut bien dire qu’en ces temps lointain, on n’était pas seulement qu’allumés de la paix.
Alors, en plus d’un document très rare (la photo d’Hendrix a  été prise le 31 mars 67 à l’Astoria et est extraite des archives personnelles du Professor), tout ça ça vaut bien un flash-back de 41 ans.
Eh oui déjà…

Adonc, c’est lors de la première date de la première tournée grande-bretonne d’Hendrix que se déroule l’évènement.
Le lieu : le Finsbury Park Astoria, plus connu sous le raccourci d’Astoria, salle qui trouvera son heure de gloire, plus tard, sous le nom de Rainbow.
La tournée, un package, incluait : les Walker Brothers, Cat Stevens, Engelbert Humperdinck, les  Quotations, MC Nick Jones.
Quand : bien évidemment lors de “Fire”, ça tombait sous le sens. Après ce sera sur “Wild Thing” – Monterey, par exemple -, ce qui tombe aussi sous le sens.

Le pourquoi du comment est très bien narré par Tony Brown dans son livre “Jimi Hendrix – A visual documentary – his life, loves and music” (*) : During “Fire” Jimi sets light to his guitar for the first time, a suggestion by journalist Keith Altham. Nick Jones, the show compère, is burned trying to put out the flames. .. suit un extrait d’une interview de Keith Altham : “well, what actually happened was … there was a little clutch of us in the dressing-room. Chas and Jimi and I were all talking. Various things were being discussed about what they could actually do that night to grab headlines and capture people’s attention. I said : “What could happen if he set fire to his guitar.” I kind of say it was as a joke and Chandler said “That’s not a bad idea”. So we tried a couple of experimental runs in the dressing-room and it worked and Jimi used it later on stage. And of course it did exactly what they want it to do.”
En bref et en clair, succinctement et à l’aveugle : “on discutait avec Chas Chandler et Jimi. Et on cherchait ce qu’on pourrait faire ce soir-là pour décrocher la une des journaux et attirer les foules. Pour de rire, et pas pour de vrai, j’ai suggéré que Jimi brûle sa guitare sur scène. Chandler a saisi l’idée…. Et le lendemain nous avions exactement ce que nous recherchions“.
C’est oublier un peu vite que les gens de la sécurité s’activent lorsque, Hendrix, agenouillé sur la scène la guitare entre les cuisses, et, après avoir jeté la boîte d’alloufes, la recharge de briquet à essence dans les mains, asperge la Fender tant et plus. Tito Burns (encore une fois, ça ne s’invente pas) impresario (Cliff Richards) et talent scout (Dusty Spingfield) qui était de mèche dans l’histoire, escamote la Strat sous son manteau.
Le blème, c’est qu’Hendrix se brûle très légèrement les paluches. N’est pas apprenti-sorcier qui veut. Ses doigts valant de l’or, il est quand même emmené à l’hosto.
Du coup la guitare atterrit chez Noel Redding. Puis chez Tony Garland, attaché de presse resté célèbre pour avoir acheté la charge d’essence de briquet utilisée par Hendrix. Garland se retrouve avec la bûche et la planque en lieu sûr : chez papa-maman…. C’est le neveu de ce dernier qui ressort l’instrument en 2007.
Business de l’art et art du business.
Le reste appartient à la légende.

Chez nous, dès qu’on apprit qu’un guitariste américain foutait le feu à sa gratte, qu’il jouait avec ses dents, qu’il lui faisait l’amour sur scène devant un stack d’amplis qui risquait de tomber victime, lui aussi, de  grands coups de reins, qu’en plus il faisait ses solos “à deux doigts” et des fois d’une seule main, les médias devinrent grotesques. Comme par-dessus le marché il était noir, lui manquait plus que l’os dans le nez.
Mais c’est vrai, qu’en France, en 1967, tout ça avait de quoi surprendre.
Pourtant, pourtant ….
Étonnamment, c’est la télé, alors en noir et blanc et totalement sous contrôle de l’État, qui, courageuse, installe le phénomène dans l’hexagone. Du coup, les trois frisés se pointent dans les fenestrons. Apparition très remarquée, le mercredi 24 mai 1967, dans “Tilt Magazine” présentée par un certain Michel Drucker. Au programme, outre Hendrix : le Spencer Davis Group, Paul Jones et Dutronc. La séquence Hendrix avait été enregistrée le 11 mai. Le vrai faux direct, déjà….
On se rappelle aussi le mémorable “Dim Dam Dom” du 12 octobre 1968 avec “Hey Joe” et “Burning Of The Midnight Lamp” joués en playback. Et ça se voyait gros comme une maison. Mais on se rappelle aussi que c’est la première apparition d’une “Flyin’V” sur les écrans hexagonaux (!). Qui plus est, Hendrix l’avait entièrement repeinte en couleurs psychédéliques.
Inutile de dire que le grand rituel flamboyant est mis de côté.
Faut pas pousser non plus !

Ajoutez à ça le concert d’Evreux (11 octobre 66). Ainsi que celui de la fac d’Assas, le 3 mars 1967 avec les Pretty Things. Les plus sales gueules du rock anglais réunies sur la même affiche dans la plus facho des facs d’alors.
Et, bien évidemment celui de l’Olympia du 18 octobre 1966. En première partie d’Hallyday qui avait ramené JH et Brian Auger & the Trinity après les avoir vu jammés ensemble le 27 septembre au Blaise à Londres. Cette première venue à l’Olympia est historique dans la mesure où Hendrix, une fois son set terminé, reste dans la salle avec Chandler et regarde le show de Jean-Philippe très attentivement. Suffisamment pour lui reprendre pas mal d’idées qui devinrent des grands moments des concerts à venir du guitariste…. Avec toutes les innovations piquées à Pete Townshend en matière de volume sonore, chaque venue d’Hendrix sur scène allait prendre des allures de happening en bonne et due forme.

Pour en revenir à la guitare, c’est une Strat de 65, B&W achetée à Londres. La mise à prix devrait avoisiner 310 000 € et elle devrait vite partir. Surtout si l’on songe que la “Flying V” de Wight a trouvé acquéreur à $400 000. C’est marrant d’ailleurs  de voir qu’Hendrix n’a jamais flambé de Gibson….
Alors, si le cœur vous en dit … et en attendant un hypothétique clonage par le Custom Shop de Fender…
Bikèrefoul : cette Strat n’est pas la “Hendrix/Zappa” Sunburst, celle brûlée le 7 mai 1967 à l’Astoria (encore) et, restaurée par Zappa, est connue pour son manche reverse et son corps remis en position droitier. N’oublions pas qu’Hendrix était gaucher et utilisait des guitares pour droitiers. La “Hendrix/Zappa” cote à presque $ 1 500 000.

Ouèche…

Professor BeeB HôPô

PS : lieu et date de la vente : Galerie Idea Generation à Londres le 4 septembre.  C’est le magazine “Guitar & Bass” qui détient l’exclusivité des photos. Donc…

(*) Tony Brown, “Jimi Hendrix – A visual documentary – his life, loves and music”, Omnibus Press, 1992

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4 Comments to “aSToRia THeaTHer, 31/03/1967 – HeNDRiX TouT Feu TouT FLaMMe”

  1. Désolé Yazid, mais mes recherches me laissent croire que c’est bien la gratte brulée à l’Astoria. Si tu as une photo de la vraie, sois gentil de me l’expédier afin que je corrige ce que tu penses être une erreur. Merci !

  2. Yazid Manou dit :

    Le problème est que ce n’est pas la gratte qui a brûlé à l’Astoria..

  3. manu Eteban dit :

    Mettre le feu à une Strat mais comment pourrais-je faire du mal à ma compagne !

  4. Totofparis dit :

    Je recompte mon cochon au cas où……

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